Les élections arrivent, et avec elles revient l’éternelle question du vote utile opposé au vote par convictions. Est-ce qu’on doit voter pour celui ou celle que nous voudrions voir en poste, quitte à jeter un gravillon dans l’océan et risquer de le voir se perdre au fond de la fosse des Mariannes ? Ou alors faut-il voter pour celui qui — selon la grand messe des sondages? — a le plus de chances de rester à flot, et donc gentiment s’asseoir sur ses convictions ? Il est quand même dommage de se lever un dimanche si ce n’est pour aller dire ce qu’on que l’on veut.
La question est donc de savoir d’où viens ce problème. Il serait très simple de dire que tout ce gros mic-mac viens des instituts de sondages. De dire qu’ils font la pluie et le beau temps en désignant des mois à l’avance qui sera présent au second tour. C’est peu ou prou aussi pertinent que de dire que c’est de la faute des agences de notations si le pays est endetté… Ils sont le reflet d’une réalité mais en aucun cas ils ne mettront de bulletins dans l’urne, et en ce sens leur faire un procès d’intention est une faute intellectuelle.
Le problème de fond provient en fait plus du système de vote que de la présence des sondages. De par sa nature, le système tel que nous le connaissons invite les électeurs à chercher une stratégie leur permettant de maximiser le résultat produit par leur vote. En se basant sur une idée qu’ils peuvent avoir de ce que pensent les autres (éventuellement éclairée par le instituts de sondages, mais ce n’est pas une nécessité), les électeurs orientent leurs choix. Chacun cherche à construire un compromis et accepte de laisser de côté son candidat « de coeur » pour un candidat par défaut. Autrement dit, à aucun moment nous n’avons la possibilité de sincèrement voter pour ceux qui portent nos valeurs.
Est-ce qu’un tel système est une fatalité ? Certainement pas ! L’exemple le plus frappant qui me vienne à l’esprit pour illustrer cela est le mécanisme de vote que mes propres parents ont utilisé pour choisir un prénom… Ils ont pris une liste de prénoms, chacun a donné une note de 0 à 10 aux « prétendants » et au final le prénom ayant maximisé la notation est sorti. Pour être honnête, s’ils avaient utilisé le même format que celui que nous avons aux présidentielles, il est fort probable que mon prénom serait bien différent (probablement beaucoup plus « consensuel »).
Tout ça pour illustrer qu’un processus de vote peut être beaucoup plus subtil que ce que l’on pense. Et par chance, quelques scientifiques se sont penchés sur la question.
Il en résulte qu’aujourd’hui une association propose (à titre d’expérience, je vous rassure), de mener une élection parallèle à la présidentielle, mais utilisant un mode de scrutin légèrement différent. Je vous laisse découvrir le projet sur leur site internet :
http://www.votedevaleur.org/co/votedevaleur.html
Entre autre avantage, ce système permet à tout un chacun d’exprimer une opposition envers un ou plusieurs candidat tout en affirmant son soutient à un ou plusieurs autres avec un certain niveau de nuances. En plus, il est possible de prendre part à cette élection directement sur internet, même pas besoin de se déplacer !